Aimé CESAIRE

26 Juin 1913 -- 17 Avril 2008
homme politique et écrivain
Le Nègre fondamental s’en est allé
L’idéntité noire
Né en Martinique en 1913. Aimé Césaire obtient en 1931, boursier, poursuit des études supérieures à Paris. En 1934, il fonde la revue l’Etudiant noir avec Senghor, Damas, Sainville et Maugée, puis entre à l’Ecole Normale Supérieure. En 1936 il commence à écrire.En 1939, il enseigne au lycée de Fort de France, Martinique.
En 1941, il fonde la revue Tropiques.
En 1945, élu mairie de Fort de France puis député
En 1948, paraît l’ » Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache « , préfacée par Jean-Paul Sartre qui consacre les idées du poète martiniquais et de ses amis sur » la Négritude « .En 1950, A. Césaire publie son radical Discours sur le colonialisme (essai aux éditions Réclame),texte considéré comme fondateur , réédité par Présence Africaine en 1955, l’édition de 1973 en est la sixième
Extraits de son Discours sur le colonialisme (1950)
» Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de 1’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. [...]
… Pour ma part, si j’ai rappelé quelques détails de ces hideuses boucheries, ce n’est point par délectation morose, c’est parce que je pense que ces têtes d’hommes, ces récoltes d’oreilles, ces maisons brûlées. ces invasions gothiques, ce sang qui fume, ces villes qui s’évaporent au tranchant du glaive, on ne s’en débarrassera pas à si bon compte. Ils prouvent que la colonisation, je le répète, déshumanise l’homme même le plus civilisé ; que l’action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mépris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend ; que le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête. C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler. »
Source/auteur : LDH Toulon http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article554
A LIRE
Aimé Césaire
- Biographie http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/cesaire.html
- Biographie et poèmes http://www.pierdelune.com/cesaire.htm
http://www.dailymotion.com/videox2a2k5
ADAPTATION THEATRALE du « DISCOURS DU COLONIALISME »
Rencontre à Fort-de-France entre Aimé Césaire et le secrétaire général de la francophonie Abdou Diouf. 50ème anniversaire du « Discours sur le colonialisme » -- Point de vue d’Alain Mabanckou.
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